L’insertion coup de poings

L’insertion coup de poings

Armé de gants de boxe, Jean-Pierre Masdoua secoue l’inertie comme un punching-ball. A la tête de la section de boxe française de Colombes, le jeune boxeur, vice-champion d’Europe en 1990 et numéro 3 mondial, sait rallier toute la jeunesse de la ville. Première initiative concrète pour transformer les heures perdues au pieds des l’immeubles en entraînement intensif: l’installation d’un « J’Sport »: un équipement de proximité issu du plan du ministère de la Jeunesse et des Sports lancé l’été dernier.

Masdoua et ses copains ne font pas dans le demi-mesure: « Nous voulions voir les choses en grand. Dans un projet de petite envergure, les jeunes se battent entre eux pour décrocher un place. On veut se donner les moyens ». Face à leur ténacité, la municipalité et le conseil général ont ajouté un contribution complémentaire aux 300.000 francs alloués à l’origine. Résultat: une salle digne de ce nom, dotée de deux rings, de sacs de frappe, et autres matériels indispensables. Construite près du marché de l’Europe, la salle peut accueillir librement deux heures par jour les jeunes colombiens. Pour les initier à la boxe française, un animateur respecté, Fathy Rima, habitant le quartier. Le jeune homme, vainqueur depuis deux ans de la coupe de France, devient ainsi l’animateur permanent du lieu, employé par le service municipal de la jeunesse qui gère l’équipement. Le reste du temps, les 115 boxeurs du club qui prendront leur quartier dans ces nouveaux locaux.

A COLOMBES, UNE SALLE DE BOXE DIGNE DES PROS ET DES PROJETS PLEIN LES CARTONS

Jean-Pierre Masdoua se bat aujourd’hui pour un projet complet d’insertion. Il rêve d’une école artistique construite autour du « J’Sport ». « En créant cette structure, nous pourrions concevoir un lieu de communication qui s’appuie sur les partenaires locaux. Rock, musique, informatique, vidéo, graphisme, danse de rue ; autant d’idées proposées par les jeunes qui pourraient eux même prendre en charge ces ateliers, à conditions de se former. « Il ne s’agit pas simplement d’occuper le temps des adolescents, conclut le boxeur. Nous aurons des résultats d’insertion en leur proposant des contrats emploi-formation et des stages d’animateurs ». Jean-Pierre Masdoua y croit dur comme fer. Les jeunes qu’il épaule comme un grand frère peuvent eux aussi devenir actifs et responsables.

 

 

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